Nantes
Il y a un an je jouais à mettre des hashtags sur un post qui racontait comment j’étais tombée amoureuse de toi. Et voilà qu’à peine installée, on nous annonce des coupes budgétaires abyssales pour la culture et aussi pour cette fameuse « égalité femmes-hommes ». (Heureusement maintenant on dit femmes-hommes, qui a besoin du planning familial quand les mots sont dans le bon ordre sur le papier ?)
Encore avant, il y a presque 4 ans à Toulouse, on devenait monstrueux.ses ensemble pour la Grande Monstration, une de ces splendides manifs en soutien au
@mixartmyrys pour faire respirer encore nos contre-cultures étouffées par le lissage politique de la ville.
Aujourd’hui, ici, dans cette ville qui promet d’accueillir confortablement nos idées et nos arts, je me retrouve encore à désirer fort notre monstruosité, mais cette fois pour défendre non plus seulement des cultures alternatives et déviantes mais la culture elle-même, dans son appellation ministérielle, dans tout ce qu’elle a de plus institutionnel - et d’essentiel aussi.
Voilà comme un goût amer, un peu le même que celui des postillons que crache Moudenc sur Toulouse jusqu’à en faire une pluie acide qui gentrifie, expulse, aseptise.
Alors j’ai retrouvé mes vieux amours que sont la photo de rue et de mouvements militants, pour me rappeler que contre tous les postillons du vieux monde malade, nos parapluies en toile de luttes sont beaux, et notre monstruosité aussi.
Et pour finir je cite
@monstre_utopique dans son essai Utopie Radicale :
« Comprenons monstrueux déjà dans le sens premièrement d’une chose extraordinaire qui montre, révèle un écart avec la norme, le centre, la majorité ou la réalité ; deuxièmement, dans le sens de quelque-chose qui inquiète […] parce qu’elle a une puissance intrinsèque de dissidence, de transgression, de subversion qui remet en cause les systèmes de valeur, de pensées, les idéologies, les ordres existants, les états de fait. »