Posted On: October 13th 2025, 06:58 pm
Ce week-end je réfléchissais à la suite de mon dernier épisode de l’indicible podcast sur mes esquisses que je traite bien mal. Je me suis dit que c’était assez paradoxale de vivre une fertilité d’idées tout en étant incapable de terminer mes œuvres. Mais enfait j’ai compris que le moment où je perds intérêt et devient négligent c’est le moment oú j’ai vécu mentalement le résultat… Du coup, finir revient à accomplir ce que j’ai déjà exploré… c’est assez ennuyeux. Et comme j’ai pas envie de m’ennuyer en créant, ma révélation du jour c’est que je ne veux plus créer des oeuvres terminées au sens pinailleur professionnel. Parce que chercher absolument à finir c’est un peu comme chercher à mourir. J’aime pas la mort! Créer c’est sensé vivre. Alors je veux créer des esquisses inachevées, des saisies au stade de découverte, sans prétention du musée.
Alors ce matin j’ai écrit une chanson avec discipline de n’utiliser que les quelques mots qui me sont venus dans le métro (balancé sur le morceau de papier que tu vois) sur cette idée que l’esthetique de la vie c’est une esthétique de l’inachèvement. Et partager le soir. Y’a rien de figé. Ce qui est figé, c’est ce qui est mort (et t’as capté : j’aime pas la mort). Mais y’a des résolutions dans la vie (comme dans la musique), alors je voudrais créer comme dans un “inachèvement accompli”. Un point de tension entre le fait et le à faire. Je ne sais pas, enlever les « ni » ça libère.
Et là j’ai compris que mes petites phrases ne pouvait plus passer que par le cerveau, parce que le cerveau c’est bien pour le philosophe mais que la main et la voix c’est quand même plus adapté pour le coeur. Du coup, j’ai demandé à une main d’aider l’autre à créer un moment de vie. Aujourd’hui j’ai essayé de vivre dans un inachèvement accompli…
Tu me dis si tu veux que j’upload cette track sur Spotify (au musée de la musique bientôt généré exclusivement par des mimes algorithmiques qui ne pourront jamais t’écrire un témoignage créatif), histoire de la mettre dans ta playlist préférée.
Merci pour ton attention.
— Estienne