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7 months ago
[Pikacoustics]đŸŽ™ïžLe bruit et la fureur d’une AmĂ©rique Ă  la dĂ©rive convoquent, par contraste, son flot de nostalgie rĂ©paratrice. Certains se rĂ©conforteront en regardant Love Story, l’idylle chahutĂ©e de John Jr. et Carolyn. D’autres, comme moi, Ă©couteront Sinatra. Dans une discographie gigantesque, partagĂ©e entre les annĂ©es Capitol et le rĂ©pertoire Columbia, difficile de faire un choix quand tout a Ă©tĂ© dit et tout a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© encensĂ©. Le plus simple, c’est peut-ĂȘtre de le retrouver chez lui, dans son Ă©lĂ©ment, Ă  Las Vegas. Sinatra at the Sands, enregistrĂ© en 1966, fait partie de la discographie idĂ©ale de tous les amateurs de jazz et de pop. Ce concert mythique bĂ©nĂ©ficie d’une Ă©dition vinyle remarquable, remastĂ©risĂ©e en 2010 par Mobile Fidelity Sound Lab. Le programme est allĂ©chant : Count Basie au piano, Quincy Jones Ă  la direction d’orchestre et des chansons mĂ©morables entrecoupĂ©es de monologues du chanteur dont on se demande si, ce soir lĂ , il n’est pas non plus tenancier de bar ou amuseur public. Je ne vous ferai pas la leçon sur le swing et la prĂ©sence de Sinatra (Fly me to the moon). Pas de laĂŻus inappropriĂ© non plus sur la qualitĂ© des orchestrations, Ă  l’élĂ©gance infinie (The shadow of your smile), sur la rutilance des cuivres et la lĂ©gĂšretĂ© du toucher de piano (One for my baby). Rien non plus sur la qualitĂ© des silences ou l’équilibre princier de la voix, dĂ©barrassĂ© de toute emphase inutile. Le mastering en demi-vitesse (half speed) n’est sans doute pas Ă©tranger Ă  la juste reproduction des hautes frĂ©quences et en particulier des flĂ»tes et clarinettes sur September of my years. La scĂšne sonore, aussi large que profonde, retranscrit Ă  merveille l’émotion de la salle qui bruisse des exclamations du public autant que du tintement des verres. TantĂŽt tendre ou vainqueur, comme il fut dĂ©mocrate et rĂ©publicain, Sinatra dĂ©ploie en 1h12 seulement un concert en CinĂ©maScope. Et quand l’audience finit par rĂ©clamer « one more », Sinatra conclut par My kind of town, sommet inĂ©galĂ© de ferveur collective. Un disque essentiel, miroir intimiste d’une Ă©poque, Ă  réécouter avant le retour sur cette page de la new wave. Et pas n’importe laquelle

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Posted On: April 12th 2026, 08:13 am
[Pikacoustics]đŸŽ™ïžLe bruit et la fureur d’une AmĂ©rique Ă  la dĂ©rive convoquent, par contraste, son flot de nostalgie rĂ©paratrice. Certains se rĂ©conforteront en regardant Love Story, l’idylle chahutĂ©e de John Jr. et Carolyn. D’autres, comme moi, Ă©couteront Sinatra. Dans une discographie gigantesque, partagĂ©e entre les annĂ©es Capitol et le rĂ©pertoire Columbia, difficile de faire un choix quand tout a Ă©tĂ© dit et tout a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© encensĂ©. Le plus simple, c’est peut-ĂȘtre de le retrouver chez lui, dans son Ă©lĂ©ment, Ă  Las Vegas. Sinatra at the Sands, enregistrĂ© en 1966, fait partie de la discographie idĂ©ale de tous les amateurs de jazz et de pop. Ce concert mythique bĂ©nĂ©ficie d’une Ă©dition vinyle remarquable, remastĂ©risĂ©e en 2010 par Mobile Fidelity Sound Lab. Le programme est allĂ©chant : Count Basie au piano, Quincy Jones Ă  la direction d’orchestre et des chansons mĂ©morables entrecoupĂ©es de monologues du chanteur dont on se demande si, ce soir lĂ , il n’est pas non plus tenancier de bar ou amuseur public. Je ne vous ferai pas la leçon sur le swing et la prĂ©sence de Sinatra (Fly me to the moon). Pas de laĂŻus inappropriĂ© non plus sur la qualitĂ© des orchestrations, Ă  l’élĂ©gance infinie (The shadow of your smile), sur la rutilance des cuivres et la lĂ©gĂšretĂ© du toucher de piano (One for my baby). Rien non plus sur la qualitĂ© des silences ou l’équilibre princier de la voix, dĂ©barrassĂ© de toute emphase inutile. Le mastering en demi-vitesse (half speed) n’est sans doute pas Ă©tranger Ă  la juste reproduction des hautes frĂ©quences et en particulier des flĂ»tes et clarinettes sur September of my years. La scĂšne sonore, aussi large que profonde, retranscrit Ă  merveille l’émotion de la salle qui bruisse des exclamations du public autant que du tintement des verres. TantĂŽt tendre ou vainqueur, comme il fut dĂ©mocrate et rĂ©publicain, Sinatra dĂ©ploie en 1h12 seulement un concert en CinĂ©maScope. Et quand l’audience finit par rĂ©clamer « one more », Sinatra conclut par My kind of town, sommet inĂ©galĂ© de ferveur collective. Un disque essentiel, miroir intimiste d’une Ă©poque, Ă  réécouter avant le retour sur cette page de la new wave. Et pas n’importe laquelle

Comments (13)
adesc 7 months ago

adesc

Quelle chronique ! 👏

edouarddutour 7 months ago

edouarddutour

Je note « l’équilibre princier » de ce texte et sa petite musique qui sonne si juste đŸ‘đŸ”„

mimaguido 7 months ago

mimaguido

👏👏👏

emmanuel_clerc 7 months ago

emmanuel_clerc

On adore !

j3yr02m 7 months ago

j3yr02m

🙌

garconmoderne 7 months ago

garconmoderne

đŸ‘đŸ»đŸ‘đŸ»đŸ‘đŸ»

monbazarorganise 7 months ago

monbazarorganise

🎧 ❀

casagrandemusic.fr 7 months ago

casagrandemusic.fr

Est-ce que « The world we know » était dans la setlist ?

philosophyissexy 7 months ago

philosophyissexy

Ouiiii đŸ”„đŸ”„

pikacote 7 months ago

pikacote

Et pour les puristes, sachant qu’Instagram trouve mon texte trop long đŸ‘‰đŸ» Moon ACE, platine Linn LP 12, bras Akito, cellule Ortofon Quintet S, Ă©dition Original Master Recording par MOFI, half-speed, 180 grammes, Gain 2 Ultra Analog đŸ”„

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