𝑂𝑛 𝑛𝑒 𝑑𝑒𝑚𝑎𝑛𝑑𝑒 𝑝𝑎𝑠 𝑙´𝑒́𝑡𝑒𝑟𝑛𝑖𝑡𝑒́,
𝑚𝑒̂𝑚𝑒 𝑙´𝑎𝑟𝑡 𝑠´𝑎𝑢𝑡𝑜𝑟𝑖𝑠𝑒 𝑎̀ 𝑒̂𝑡𝑟𝑒 𝑎𝑏𝑎𝑛𝑑𝑜𝑛𝑛𝑒́.
Avons-nous rêvé ?
Ce que nous avons ressenti existait-il
au-delà de nous-mêmes ?
Ces relations empreintes de contraires :
douceur et douleur,
proximité et distance,
évidence et impossibilité.
Si ce n’était qu’un rêve,
pourquoi quelque chose se dessine ?
Puis les rêves laissent place à d’autres rêves.
D’autres traces recouvrent les anciennes,
jusqu’à les rendre presque invisibles.
L’encre s’estompe,
ou des reliefs demeurent.
À l’image de ces nuages,
de ces brumes que l’on croit pouvoir saisir,
de ces phénomènes qui changent en un instant,
puis disparaissent sous nos yeux.
Sauf si l’on décide d’en saisir une trace.
Et ensuite ?
Dessiner les mêmes toiles n’aurait aucun sens.
Superposer les mêmes empreintes, encore moins.
Sommes-nous condamnés aux palettes tièdes,
aux œuvres inachevées ?
Faut-il toujours choisir
entre intensité et sécurité ?
Pire : tenter, pour se retrouver
avec ceux qui ne savent que tricher,
voire paumés ?
Et si le spectre était plus vaste,
plus riche encore ?
Abandonner l’idée
qu’une relation puisse être à la fois intense,
sincère et constructive ?
On ne demande pas l’éternité,
même l’art s’autorise à être abandonné.
Une œuvre se doit d’évoluer,
de se réinventer.
Du moins jusqu’à l’accomplissement,
jusqu’à trouver sa vérité,
jusqu’à la finalité.
Voir différemment,
et choisir de regarder encore.
Ressentir différemment,
mais décider de ressentir encore.
Se regarder,
et se choisir encore.
Invisible et visible
coexistent depuis toujours.
Tout paraît soudain,
mais couve en silence.
Et si l’on pouvait rêver en grand ?
Et pourquoi pas conjuguer le Grand
à tous les temps ?
Et si c’était une question de choix ?
Et si c’était une question de chance ?
Et si ce n’était pas qu’une question de rêve ?
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