Ă nos Ă©tĂ©s volĂ©s, Ă nos riviĂšres devenues flaques, Ă nos forĂȘts ayant brulĂ©.
Jâai commencĂ© cette toile alors que je ne savais pas quoi faire. Car ce que je fais nâest dâaucun recours quand tout est Ă sec. Durant cet Ă©tĂ© le plus frais de nos prochaines annĂ©es, je me rĂ©veillais chaque jour sous une chaleur sans fin, avec la boule au ventre et lâattente de lâeau qui ne venait jamais. Câest la premiĂšre fois, je crois, que jâai Ă ce point subi la saison de lâinsouciance, en y retrouvant les effets du temps trop long de notre enfance, mais pas pour les bonnes raisons.
MalgrĂ© tout, jâai voulu peindre, justement Ă ce moment-lĂ , mĂȘme si je trouvais ça absurde.
Et il y a quelques jours, en ce dĂ©but septembre dĂ©sormais un peu plus frais, que jâai rĂ©alisĂ© pourquoi. En Ă©coutant un des derniers Ă©pisodes de
@lesbaladeurs_ , oĂč
@yanntiersen , en expĂ©dition dans le Svalbard, explique comment, par la musique, il parvient Ă gĂ©nĂ©rer une Ă©motion mobilisatrice devenant relais du travail des scientifiques. Il y explique comment ces Ă©motions permettent de sâimprĂ©gner de ce quâil se passe, en plein coeur, et de gĂ©nĂ©rer une prise de conscience. Et au fond, je crois que câest aussi ce quâil se passe avec la peinture (ou avec nâimporte quâelle forme dâart, dâailleurs).
Si, je crois, jâai eu cette urgence de peindre ça, Ă ce moment-lĂ , câĂ©tait pour montrer mon village sans ses cours dâeau, les dizaines dâoiseaux tombĂ©s des nids dans mon jardin, la faune assoiffĂ©e, les plantes assĂ©chĂ©es.
Et montrer aussi quâon peut faire autrement. Quâon peut veiller sur le vivant comme le geai sur la forĂȘt.
#wildlife #painting #acryliconcanvas #caen #naturepaintings