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Trois jours sans que les sourires ne me laissent de répit. 

Dans les entrailles de la terre on a su trouver la fraîcheur envoûtante du calcaire humide et, en suivant la pierre criblée de flèches, la chaleur terrifiante d’une fin possible. Grace à toi j’ai pu célébrer l’idée que nos aventures puissent encore continuer. Un regard à mes pieds t’a suffit à lire la page d’après, sans refermer ce livre qui commençait vraiment à me plaire beaucoup. 

À peine ressortis de l’immensité souterraine, le monde nous embua les yeux, la réalité avait disparu et faisait sûrement ainsi son apparition spectaculaire, quel manque d’humilité… 

Puis vint le temps des hurlements, la forêt prenait vie et semblait vouloir en avertir le monde entier. Par dessus les vrombissements de la ville, ce que je n’avais jusque là encore jamais compris prit une forme bien différente de ce que j’avais imaginé. Le bon sentier, le bon moment, à gauche après la harde, au milieu de la route, notre temps s’arrêta pendant les minutes les plus vibrantes de ma vie. Le cri viril résonnât jusque dans mes os, le monstre était là. Bramant à quelques mètre sans aucune pudeur et avec une fierté sûrement bien acquise, il avait raison de ne pas se taire. 

Et vint le moment de rentrer dans notre tente imaginaire, celle qui chaque soir nous montrait encore les merveilles à conquérir, des batailles épiques aux glaives scintillants jusqu’aux alces de Norvège. 
Il fallait bien ça pour arriver jusqu’au repas salvateur, celui qui, dans frugalité de tes maigres trouvailles, nous remplit la bouche et le ventre d’une saveur qui nous manquait déjà. 

J’ai passé trois jours à manger la vie, et tu repars, on a découvert le goumin des champignons. by @loicdieulle
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a month ago
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Mouton, mon pote.

J’avais pas de mot pour décrire ces derniers jours, j’en ai créé un : j’ai l’ovisit. 

Ton front contre mon torse, malgré tout je le sens encore. by @loicdieulle
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2 months ago
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Des pas dans la forêt, riants à s’en perdre. Comme dans nos vies,on a marché comme des géants. 
Les veaux eux même étaient séduits par nos rires, que même le lait leur semblait devenir drôle, ils avaient raisons. 
Toute la journée j’avais pensé au vent qui était maintenant entré dans ma maison, il portait le soleil dans la nuit. Même si cette dernière fut courte, on avait bien fait de se lever pour voir jouer les deux faons au milieu du sentier, on a été eux, et j’aime croire qu’ils étaient un peu nous. 

Ces deux jours la, marqueraient sans aucun doute le début d’un voyage puissant. taken in Forêt de Roumare by @loicdieulle
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2 months ago
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Pas d’eau, pas d’autre, peu de rencontres, peu de vent.

Et pourtant un goutte tomba sur la plaie que je t’avais infligé. 
Pourtant une personne à mes côté tout le long, assis sur mon trône, entrant dans la forêt profonde, marchant dans les graviers. 
Pourtant des millions de vies croisées, des insectes par bataillons, des minuscules petites sauteuses par dizaines, des chants partout. 
Pourtant j’ai respiré plus fort que jamais la fraîcheur salvatrice dans les bronches de la cathédrale verdoyante. 

Chaque fois j’apprends. taken in Forêt Verte by @loicdieulle
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3 months ago
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C’est limite trop de 🖤

Sic itur ad astra ✨ taken in Accor Arena by @loicdieulle
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3 months ago
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Ça n’était pas prévu mais la leçon fut prise. Ce matin alors que je parlais avec toi, je pris conscience que je prenais beaucoup, pensant que tes racines ne servaient qu’à nourrir, sans me rappeler que ta cime jadis t’apportait de quoi vivre. 
Je pris donc le temps, cette fois de me laisser, pour toi, traverser par les rayons du soleil. J’espère que tu aura su être un peu réchauffé à travers moi. 

Le cerf dans mon rêve, l’ami qui m’accompagne même quand il n’est pas là, vous étiez là, partout je vous ai vu. 

Contre mon front tes bois. by @loicdieulle
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4 months ago
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Cette après midi était moins calme que nos matins habituels, c’était l’heure du bruit pour le humains. 

La forêt toute entière semblait perturbée par les sons artificiels et les cris stupides de la horde qui jouait la ou le maïs offrait sa tentation mortelle.

Pourtant j’ai trouvé quelques moments de répit. 
Par deux fois je surpris les belettes dans leurs jeux solitaires. Comme un enfant la première semblait s’émerveiller du possible d’exploration qu’offrait un amoncellement de troncs. La seconde se retrouva à 3m de moi à la fin de mon périple, choquée de tomber nez à nez avec moi, elle abandonna ses sauts dans les feuilles séchées pour retourner dans son terrier, à l’abris de mon sourire émerveillé entre les bras souterrains d’un arbre superbe. 

J’ai croisé des souvenirs de mon passage précédent, une scène qu’on s’était avoué insaisissable se présentait encore au même endroit, j’ai croisé les traces que je sais maintenant mieux lire, marché dans les graviers qui font ce son si particulier. 

Dans les reflets de l’eau saumâtre j’ai trouvé le soleil, le même probablement qui cherchait il y a peu les têtards et leurs parents. 

Et toi, mon fauteuil, mon ami, je t’ai retrouvé et sur ton corps délaissé j’ai cuit de la chaleur du midi. Un four à ciel ouvert qui réchauffe le corps et l’esprit. by @loicdieulle
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4 months ago
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Deux semaines que je ne t’avais pas vu et tu me manquais terriblement. Toi qui, loin des tumultes, étais le repos même, le socle du calme. 

J’ai trouvé aujourd’hui du sens à nos échanges, toi et moi on est pareil. On a grandi dans une direction sans prêter d’attention à ce qui pourrait nous faire tomber. Et puis un jour, après avoir longtemps résisté, on a subit le coup ultime. Une fois coupés on s’est beaucoup regardé, on a cherché ce qu’on pouvait faire de nos racines, frustrés par l’absence cruelle de notre cime dont on était si fiers. 

Finalement aujourd’hui, assis sur ton plateau grisé par le soleil, j’ai compris. J’ai su pourquoi j’avais aussi de la tendresse pour ce jeune arbre qui poussait à quelques centimètres de toi. Il n’était en fait pas là pour te narguer, jeune, désordonné et plein de vigueur. Il était toi, un nouveau, différent, d’une autre essence mais la même âme. 
J’avais compris qu’il ne servait à rien de vouloir remplacer ce qui avait disparu mais que de pousser autrement était certainement la meilleure de idées. taken in Forêt Verte by @loicdieulle
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5 months ago
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J’avais trouvé sous leur coupe un endroit qui, malgré les chants frénétiques et ininterrompus, m’apportait le calme dont j’avais besoin. 
Le plus loin possible des hommes et de leur bruits, des grondements de la ville et des regards jugeants. Le couple de buses, qui tournait chaque dimanche autour de la souche sur laquelle j’aimais me reposer, se gardait bien de me considérer et je leur en était reconnaissant. taken in Forêt Verte by @loicdieulle
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5 months ago
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Il y avait des signes qui lui montraient, souvent, que son attention était toujours fixée sur ce qui lui manquait. C’est à ce moment précis, en détournant le regard, qu’il comprit alors que le monde devant lui ouvrait ses bras sans retenue pour l’embrasser. Ce qui n’était plus là ne devait finalement peut être pas prendre tout cette place. taken in Forêt Verte by @loicdieulle
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5 months ago
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Ça n’était pas tant la destination qui lui importait, il était résolu à continuer son périple, parce que traverser la route pour lui était véritablement une aventure périlleuse. 

Au final dans l’élan de son courage il a su donner, il a su parfois se reposer, puis recevoir. Et c’est au final une floraison qui l’attendait. Ce chemin là il s’en souviendra ce courageux bousier. taken in Rouen, France by @loicdieulle
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6 months ago
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C’était le moment pour la souche de conter ses histoires avant d’être définitivement ensevelie sous le manteau étouffant de la plus belle des mousses. 

Il en avait vu des vies cet arbre avant de tomber. Il avait frissonné devant le passage affamé des canidés, senti comme moi la brûlure gentille du soleil d’avril, abrité sous ses bras étendus des centaines de chevreuils. Il avait même protégé la terre en y étalant ses plumes d’hiver pour qu’au printemps enfin, puissent se pavaner les pousses fraîches des fleurs qui ne vivraient pas très longtemps. 

Il n’avait qu’un regret, c’était de ne pas avoir pu voyager. taken in Rouen, France by @loicdieulle
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6 months ago
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