Posted On: February 1st 2026, 01:56 pm
L’EGLISE ET L’ESCLAVAGE EN MARTINIQUE, GUADELOUPE ET SAINT-DOMINGUE (1635 – 1794)
Autrice : Patricia Jean-Marie
Ce livre d’historien est parfait pour envisager la complexité de l’esclavage sous le prisme du rôle de l’Eglise et déconstruire les idées simplistes qui l’accompagnent.
Il permet d’interpréter différemment certains comportements, et en ce sens il est précieux car il rappelle à quel point il faut être prudent à l’heure d’affirmer l’humanisme comme moteur des attitudes. C’est le cas par exemple des colons qui faisaient marier leurs esclaves, non pas par humanisme mais car ils savaient que cela réduisait le risque de marronnage.
J’ai apprécié que le livre pose comme rappel récurrent, comme balise, le fait que la motivation première et constante de l’esclavage reste le mercantilisme, mettant à distance la caution morale qu’était le racisme.
L’autre balise qu’il pose, c’est la peur constante des colons des révoltes, et ce dès que les noirs ont été plus nombreux qu’eux. Une peur qui amène l’instrumentalisation de la religion, avec la complicité du clergé. Toute cette dimension « stratégique » autour du maintien de l’esclavage est rarement pensée dans nos communautés, on imagine l’esclavage simplement comme un rapport de force physique. Ce livre nous montre que les colons s’employaient à chercher un équilibre dans l’instruction catholique des esclaves, juste assez pour qu’ils pensent mériter leur sort, et pas trop pour qu’ils ne se révoltent pas en prenant pleinement conscience de ce qui se jouait. En somme, un esclavage qui s’accompagne d’une colonisation des esprits.
J’ai trouvé le passage sur le Reglement du Père Charles-François (1776) très intéressant et je vous invite à vous renseigner dessus.
Merci
@editions.harmattan 💙
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