Instagram story viewer> @decolonial.mq> Posts
4.8K
followers
716
following
pensƩe dƩcoloniale martiniquaise.
POSTS STORIES REELS TAGGED
La departementalisation de la Guadeloupe, Martinique, Guyane et Réunion a 80 ans aujourd’hui, pourtant ces territoires sont encore traités aujourd’hui comme des colonies. 

La France profite pleinement de ce que ces territoires ont aĢ€ offrir (Kourou, Amazonie, Demographie, zones maritimes (ZEE),… 
En échange , entre autre, d’une sécurité sociale qui a du eĢ‚tre arrachée au forceps et que beaucoup presentent comme un « cadeauĀ Ā» de la France pour lequel ces territoires devraient eĢ‚tre reconnaissants, se mettant dans une posture pleinement neocolonialiste.

Le statut departemental semble aujourd’hui globalement accepté, alors qu’il était fustigé par une majorité d’intellectuels au XXeĢ€, et que sans + d’autonomie politique, aucune amélioration signigicative n’est aĢ€ attendre.

#martinique #guadeloupe #lareunion #guyane by @decolonial.mq
181
7 months ago
Download
Le récit colonial français nous a appris, notamment via l’Ecole, que les abolitionnistes étaient des humanistes. Alors que cela semble évident, quiconque connaiĢ‚t les facteurs qui ont mené aĢ€ l’abolition de l’es.clavage et notamment les facteurs économiques ne peut s’empeĢ‚cher de remettre en question cette idée.

Revenir aĢ€ la définition stricte du mot aide aussi grandement : un abolitionniste est quelqu’un qui est en faveur de l’abolition du systeĢ€me tel qu’il existe. Cela n’indique rien sur ses motivations (et surtout sur son humanisme), comme cela n’indique rien sur le systeĢ€me qu’il souhaite voir eĢ‚tre mis en place par la suite.

La plupart des abolitionnistes étaient motivés par d’autres choses que l’humanisme, et certains avaient des theĢ€ses qui se rapprochaient plus de celles des contre-abolitionnistes, de sorte qu’on pourrait paradoxalement les qualifier d’esclavagistes (ils sont d’ailleurs justement appelés « abolitionnistesĀ Ā» et non « anti-esclavagistesĀ Ā»). C’est dire aĢ€ quel point le récit colonial est puissant.

Ce récit colonial est aujourd’hui encore alimenté par l’Etat Français, peut-eĢ‚tre meĢ‚me de plus en plus aĢ€ l’heure ouĢ€ le monde se recompose et la suprématie blanche est remise en cause.

Face aĢ€ cela, il est essentiel de développer une connaissance historique suffisante afin d’eĢ‚tre en mesure d’identifier ces manifestations du récit colonial, ces opérations de revisionnisme historique, pour empeĢ‚cher le processus d’aliénation et conserver notre dignité.

Lire les abolitionnistes (et même les contre-abolitionnistes) est donc essentiel.

#decolonial #martinique #antilles

Source : Rapport de la commission de 1839 chargée de répondre au rapport de De Tracy

Source : rapport de 1843.

Au-delaĢ€ de l’abolitionnisme qui est le sujet de cette publication, Schoelcher est resté toute sa vie et avant tout un défendeur de l’ordre republicain, criminalisant par exemple les insurgés de 1870 (insurrection du Sud). by @decolonial.mq
94
a month ago
Download
An ti ponmponm aĢ€ foyal (La grammaire décoloniale d’Aimé Césaire) – @elisabethlandi 
 
Quel est le roĢ‚le des représentations dans l’espace public ? Comment des statues, des monuments, des plaques véhiculent-elles un récit colonial qui diminue la population Martiniquaise ? Quels sont les moyens, autres que la destruction, permettant d’agir sur le message véhiculé par ces représentations ? Ce sont autant de questions (et plus encore) auxquelles répond @elisabethlandi en décortiquant la Ā« grammaire décoloniale Ā» mise en place par Aimé Césaire dans la commune de Fort-de-France.
 
Le terme de Ā« grammaire Ā» lui-meĢ‚me, de Ā« grammaire patrimoniale Ā» est particulieĢ€rement fécond. Comme l’explique l’autrice, Césaire a Ā« pensé la ville comme un texte aĢ€ écrire Ā». Elle invite le lecteur aĢ€ appréhender le patrimoine de la ville comme une grammaire, c’est-aĢ€-dire un tout cohérent plutoĢ‚t qu’un décor neutre, et donc aĢ€ réfléchir sur celle-ci.
 
Le roĢ‚le éminemment politique des représentations est bien expliqué, ce qui est particulieĢ€rement utile aĢ€ l’heure ouĢ€ l’argumentaire défendant les actions de décolonisation de l’espace public se fonde de plus en plus sur une pseudo neutralité de celui-ci.
 
Les repeĢ€res biographiques et notices historiques sont autant de moyens d’apprendre de nouvelles choses sur notre Histoire, le tout aĢ€ travers le principe Ā« palimpseste Ā» ou de Ā« métamorphose Ā» de la grammaire décoloniale césairienne, c’est-aĢ€-dire une politique qui n’efface pas mais actualise et qui, puisqu’elle est nuancée, ferait assurément l’objet de vives discussions si elle était mieux connue.

#decolonisation #bookstagram #martinique #decolonial #antilles taken in Place de la Savane, Fort-de-France by @decolonial.mq
8
3 days ago
Download
#decolonisation #traitearabomusulmane  #decolonialisme #esclavage

Chaque évocation de la traite est perçue comme une attaque personnelle. Ce phénomeĢ€ne est du ressort de la Ā« fragilité blanche Ā» : d’un coĢ‚té une tendance aĢ€ prendre chaque évocation du systeĢ€me qu’est la domination blanche comme une attaque ad hominem, et de l’autre coĢ‚té l’absence d’endurance raciale pour surmonter ce sentiment. (voir le livre Ā« mécanique du privileĢ€ge blanc Ā» d’ @estelle.depris).

On reconnaiĢ‚t cette fragilité blanche au fait que ce sont systématiquement les meĢ‚mes idées et mots employés, qui montrent le caracteĢ€re épidermique de ces réactions.

Quant au Ā« whataboutism Ā» c’est un mécanisme de défense classique, connu et largement documenté, qu’on retrouve dans l’ensemble des rhétoriques des dominants/privilégiés : sur le sujet des réparations de l’escla.vage le whataboutism consiste par exemple aĢ€ dire Ā« et les africains ils réparent quand ? Ā», sur le racisme Ā« et le racisme anti-blanc ? Ā», sur le sexisme Ā« et les violences faites aux hommes ? Ā», sur le climat Ā« pourquoi la France devrait baisser ses émissions quand l’Inde les augmente ? Ā»,.. Il consiste ainsi aĢ€ invoquer des faits qui sont peu pertinents, pour neutraliser le sujet de base.

Attention : comme tout mécanisme de défense d’un systeĢ€me de domination, ce ne sont pas l’entieĢ€reté des dominants qui y ont recours, et il y aussi des dominés qui l’utilisent, ce qui illustre parfaitement la capacité d’aliénation du systeĢ€me lui-meĢ‚me.

0 fait historique précis : Aucune source n’est citée si ce n’est exclusivement Le Géno**de voilé de N’Diaye, ce qui montre que ces personnes ne l’ont pas lu. Le livre est d’ailleurs treĢ€s peu rigoureux, deĢ€s les premieĢ€res pages. Cette difficulté aĢ€ quantifier la Ā« traite arabo-musulmane Ā» est tout aĢ€ fait logique puisque ce terme est en réalité un amalgame.

1 amalgame : l’argument regroupe sous un terme des pratiques diverses et distinctes en termes d’époques, de régions, d’acteurs, de logiques,… (traite transaharienne, traite dans l’océan indien,  dans le Caucase,..) tout cela est regroupé pour augmenter artificiellement la gravité de Ā« la traite arabo-musulmane Ā».

1 terme accusatoire : l’expression Ā« LA by @decolonial.mq
259
8 days ago
Download
PAROLES D’ESCL@VES

Auteurs : F. Regent - G.Gonfier - B. maillard

Les auteurs présentent une collection de témoignages d’escl@ves, traduisant l’horreur du quotidien mais aussi sa complexité : Chaque temoignage sert de base pour développer une thématique et ainsi déconstruire l’idée qu’on a du marronage, des chatiments qui ne reposeraient que sur le fouet, de l’habitation sucrieĢ€re comme monde clos, des escl@ves uniquement coupeurs de canne,..

Le livre montre que les colons accordent une certaine « liberté » aux escl@ves (jardin, boutique, marchés, consommation d’alcool,..) evidemment dans l’unique but d’augmenter encore plus leur profit individuel.

Dans le meme temps, les temoignages permettent de revenir aĢ€ une représentation brute et simple de ce qu’etait l’escl@v@ge: des sévices inhumains et une humiliation quotidienne infligés, illustrés notamment par le proces porté par l’esclave Lucie contre son escl@v@giste, proces sur lequel un podcast est disponible et que je vous invite aĢ€ écouter ! (Au nom du sucre - Crimes et profits, par France Cultire).

Le livre est absolument aĢ€ lire pour s’instruire sur la variété des parcours de vie des escl@ves, et pour le juste équilibre qu’il propose entre intellectualisation et émotion.

#martinique #decolonisation #decolonialisme #antilles taken in Martinique, Antilles by @decolonial.mq
72
8 months ago
Download
Mécanique du privileĢ€ge blanc | Comment l’identifier et le déjouer ? - @estelle.depris @bingeaudioeditions 

Un des principaux intéreĢ‚ts de ce livre pour les non-blancs (il s’adresse explicitement aux personnes blanches) est qu’il vise aĢ€ contribuer aĢ€ la déconstruction des blancs et permet donc aĢ€ ceux d’entre nous qui consideĢ€rent que ce sujet n’est pas prioritaire tout en étant utile d’ignorer les distractions proposées par la blanchité et de se concentrer par exemple sur notre désaliénation.

Dans le contenu, il est intéressant qu’une personne noire explique aux blancs leur propre privileĢ€ge : cela fait sourire quand on pense au whitesplaining, tout en étant totalement pertinent puisque la domination blanche a une capacité d’auto-invisibilisation.

Les nuances apportées aĢ€ propos du white passing , en particulier sur la variation géographique associée aĢ€ ce phénomeĢ€ne social, sont aussi intéressantes, de meĢ‚me que l’idée que le privileĢ€ge blanc et justement ce white passing sont un levier que les personnes blanches ont pour mener la lutte antiraciste (ce qui explique que parfois les non-blancs sont contents quand une personne blanche dénonce le racisme de manieĢ€re satisfaisante, sachant que la voix de celle-ci porte naturellement plus que la leur).

Enfin, le format est particulieĢ€rement ludique et adapté aĢ€ ce qui est présenté comme étant un Ā« guide Ā». Les effets psychologiques du privileĢ€ge blanc sur les personnes non-blanches (charge raciale) auraient pu eĢ‚tre plus longuement développés, de meĢ‚me que tout ce qui touche aĢ€ l’intersectionnalité et notamment les similitudes avec la cause environnementale.

#antiracisme by @decolonial.mq
33
2 months ago
Download
L’EGLISE ET L’ESCLAVAGE EN MARTINIQUE, GUADELOUPE ET SAINT-DOMINGUE (1635 – 1794)

Autrice : Patricia Jean-Marie

Ce livre d’historien est parfait pour envisager la complexité de l’esclavage sous le prisme du roĢ‚le de l’Eglise et déconstruire les idées simplistes qui l’accompagnent.

Il permet d’interpréter différemment certains comportements, et en ce sens il est précieux car il rappelle aĢ€ quel point il faut eĢ‚tre prudent aĢ€ l’heure d’affirmer l’humanisme comme moteur des attitudes. C’est le cas par exemple des colons qui faisaient marier leurs esclaves, non pas par humanisme mais car ils savaient que cela réduisait le risque de marronnage.

J’ai apprécié que le livre pose comme rappel récurrent, comme balise, le fait que la motivation premieĢ€re et constante de l’esclavage reste le mercantilisme, mettant aĢ€ distance la caution morale qu’était le racisme.

L’autre balise qu’il pose, c’est la peur constante des colons des révoltes, et ce deĢ€s que les noirs ont été plus nombreux qu’eux. Une peur qui ameĢ€ne l’instrumentalisation de la religion, avec la complicité du clergé. Toute cette dimension Ā« stratégique Ā» autour du maintien de l’esclavage est rarement pensée dans nos communautés, on imagine l’esclavage simplement comme un rapport de force physique. Ce livre nous montre que les colons s’employaient aĢ€ chercher un équilibre dans l’instruction catholique des esclaves, juste assez pour qu’ils pensent mériter leur sort, et pas trop pour qu’ils ne se révoltent pas en prenant pleinement conscience de ce qui se jouait. En somme, un esclavage qui s’accompagne d’une colonisation des esprits.

J’ai trouvé le passage sur le Reglement du PeĢ€re Charles-François (1776) treĢ€s intéressant et je vous invite aĢ€ vous renseigner dessus.

Merci @editions.harmattan šŸ’™ by @decolonial.mq
64
9 months ago
Download
La loi « TaubiraĀ Ā» a permis quelques avancées, notamment dans l’enseignement de l’histoire de la traite et de l’esclavage.vage.

Mais elle est un exemple de la puissance du récit colonial, et un rappel qu’il faut sans cesse s’interroger sur la manieĢ€re dont on nous présente les choses.

Un point intéressant, non mentionné dans les slides, est que la notion juridique de Ā« crime contre l’humanité Ā» n’a pas été pensée et instaurée suite aĢ€ l’esclavage, mais suite aĢ€ un contexte (WWII) dans lequel l’Occident a été victime (en meĢ‚me temps que bourreau).

Enseignement : La loi est défaillante sur l’enseignement car, ne reconnaissant pas le roĢ‚le de l’Etat, elle favorise un enseignement biaisé et s’inscrivant dans le récit colonial. Par ailleurs, une loi s’évaluant aĢ€ l’aune des effets qu’elle produit, le volume et la manieĢ€re de traiter les sujets étant encore aujourd’hui insuffisants, la loi n’a pas été aĢ€ la hauteur. En cela, elle a d’une certaine manieĢ€re favorisé l’aliénation par l’école.

Réparations : La loi Taubira n’aborde absolument pas le sujet des réparations, ce qui en fait une loi symbolique et peu transformante. Ce manque a notamment été utilisé par la Cour de Cassation pour rejeter, en 2023, les demandes de réparations exigées par le MIR (Mouvement International de la Réparation de l’esclavage).

Sanctions : la Loi ne prévoit aucune sanction en cas de négation (par exemple) de la traite et de l’esclavage.

L’argument du Ā« 1er pays a avoir reconnu la traite et l’esclavage comme étant un crime contre l’humanité Ā», avoir une lecture decoloniale de cette loi est d’autant plus utile.

Bien que la loi soit dite Ā« Taubira Ā», et que Christiane Taubira soit celle qui l’ai portée, le projet initial a subi de nombreuses modifications qui n’étaient pas forcément le souhait de Mme. Taubira, notamment concernant les réparations. La critique de la loi n’est donc pas une critique de Mme. Taubira ni de sa carrieĢ€re, au contraire.

*la traite a été juridiquement abolie en 1815 mais a treĢ€s largement continué, sans que l’Etat ne s’en soucie, jusque 1831. *La date d’abolition retenue est 1848, bien qu’elle ne s’applique pas aĢ€ tous les territoires (ex : Mayotte). by @decolonial.mq
70
5 months ago
Download
27 avril 1848 : l’abolition de l’esclavage ?

Si on en croit le récit colonial il n’y a pas débat : le 27 avril 1848 Victor Schoelcher, un sauveur blanc, a obtenu aĢ€ lui seul la liberté pour les escl.aves ; sans qu’aucune autre cause ne soit venue contribuer aĢ€ l’abolition, synonyme de liberté totale (c’est ce discours, le « SchoelcherismeĀ Ā»).

Dans les faits, l’abolition est le fruit de différents facteurs et notamment des treĢ€s nombreuses révoltes d’escl.aves, rendant la situation trop dangereuse et peu profitable pour les colons (les couĢ‚ts de maintien de l’ordre explosaient, rendant l’esclav.age moins profitable).

Ces révoltes sont la raison pour laquelle l’abolition a été proclamée en anticipation aĢ€ la Martinique, comme aĢ€ la Guadeloupe. Sans elles, on ne sait pas si l’abolition aurait eu lieu.

PlutoĢ‚t que de célébrer le 27 avril, il est donc plus pertinent de commémorer aux dates d’abolition effectives dans chaque territoire. L’exemple de la Reunion est parlant : il s’est écoulé 8 mois entre la signature du décret le 27 avril et la proclamation de l’abolition de l’escl.avage, feĢ‚ter le 27 avril alors que les escl.aves étaient encore dans les champs n’a donc que peu de sens.

Il existe aussi une autre date, le 10 mai, qui a été choisie pour que les différents territoires commémorent en meĢ‚me temps la traite, l’esclavage et leurs abolitions. Bien qu’elle ait l’avantage de fédérer car c’est une date unique, le 10 mai ne fait écho aĢ€ aucun éveĢ€nement historique et a donc peu de sens.

Enfin, lorsque l’abolition est commémorée, il est important de la prendre pour ce qu’elle a vraiment été : une évolution des conditions de vie des escl.aves certes, mais absolument pas une rupture du systeĢ€me ni la liberté. L’abolition a été un outil de colonialité plutoĢ‚t que de liberté.

#antilles #caraibes #martinique #guadeloupe #lareunion taken in CaraĆÆbes by @decolonial.mq
188
6 months ago
Download
12 mai 2026 - Plaque commémorative

Ce 12 mai 2026, la présidente de l’Assemblée Nationale Mme. Yaël Braun-Pivet a inauguré une plaque commémorative portant les noms de Victor Hugo, Alphonse de Lamartine, Alexis de Tocqueville, Victor Schoelcher et Louisy Mathieu.

Cette inauguration s’inscrit dans la continuité du 10 mai 2026 qui a été la 20 eĢ€ édition de la journée de commémoration de la traite, de l’escla.vage et de leurs abolitions. Pour cette commémoration un événement a été organisé par l’Etat au Palais du Luxembourg, événement au cours duquel la parole a largement servi aĢ€ véhiculer le récit colonial habituel, et certains invités ont servi de caution.

Cette inauguration du 12 mai est un énieĢ€me exemple d’humiliation sous couvert de respect et de devoir de mémoire. On nous apprend aĢ€ reconnaiĢ‚tre des figures qui ont pourtant lutté contre les intéreĢ‚ts de nos anceĢ‚tres, et on fait participer aĢ€ cette inauguration des personnes pouvant s’identifier comme étant des descendants d’escl.aves. Sans apporter ne serait-ce qu’un peu de nuance dans les positions qu’ont été celles de Tocqueville par exemple.

Ce qu’il faut en retenir, au-delaĢ€ de la position de l’Etat, c’est que nous n’avons pas décolonisé notre Histoire et que nous sommes donc dans l’inaction. Dans une société saine, si nous étions décolonisés, des scandales de ce type, qu’on a banalisés, n’auraient jamais eu lieu.

* il pourrait y avoir aĢ€ dire sur d’autres figures. Tocqueville a été choisi car sa position est univoque et que nous l’avons lu récemment.

#martinique #guadeloupe #guyane #laréunion by @decolonial.mq
152
5 months ago
Download
Libres de couleur – Les affranchis et leurs descendants en terre d’escla.vage – @frederic_regent @editions_tallandier 

Dans ce livre d’historien Frederic Regent livre une syntheĢ€se treĢ€s dense de l’histoire des affranchis, depuis leur situation en Europe occidentale meridionale aĢ€ la fin du Moyen Age jusqu’au XIXeĢ€ sieĢ€cle dans les colonies d’ Ā« Amérique Ā». Il livre nécessairement des enseignements précieux sur les pratiques escla.vagistes elles-meĢ‚mes, dont on observe la diversité.

On y lit que la Reconquista a eu un roĢ‚le fondamental dans l’alimentation des pratiques escla.vagistes puisqu’elle a fait beaucoup d’esc.laves parmi les vaincus, et qu’elle a notamment boosté la traite transsaharienne puisque des échanges d’escla.ves avaient lieu. Le livre rappelle qu’aĢ€ cette époque l’escla.vage n’était pas fondé sur le concept de race, et qu’ainsi on retrouvait ensemble parmi les escl.aves des slaves, des asiatiques, des Ā« orientaux Ā», des africains,…

Plus loin dans le temps, on découvre que des Ā« amérindiens Ā» ont dans les premiers temps de la colonisation été déportés vers l’Espagne pour y eĢ‚tre vendus et réduits en escla.vage, aĢ€ la meĢ‚me époque ouĢ€ les africains déportés étaient surtout exploités dans les mines d’or d’ Ā« amérique Ā» centrale et du sud.

Enfin le principal enseignement reste la condition des affranchis / libres de couleur sous systeĢ€me escla.vagiste. S’ils étaient dans les tous premiers temps de la colonisation presque égaux avec les blancs libres, Frederic Régent développe treĢ€s largement sur les mesures ségrégationnistes rapidement institutionnalisées et faisant des Ā« libres de couleurĀ Ā» une catégorie au moins aussi proche de l’esclave que du libre blanc.

#martinique #decolonial #bookstagram 

Cette nouvelle vision des affranchis invite aĢ€ décoloniser le terme « Libre de couleurĀ Ā» et aĢ€ repenser l’abolition de 1848 car si avant celle-ci il éxistait une un groupe qui était dans un état entre l’escla.vage et la liberté, alors celui-ci a treĢ€s bien pu perdurer et incorporer les nouveaux « libresĀ Ā» de 1848 apreĢ€s l’abolition. taken in Martinique, Antilles by @decolonial.mq
10
14 days ago
Download
LA CHARGE RACIALE – DOUCE DIBONDO

Cet essai part entre autres du constat que la charge raciale n’est pas encore discutée et étudiée autant qu’elle le devrait. L’autrice réussit treĢ€s bien le défi mis en avant dans la préface de @maboulasoumahoro :  expliquer la charge raciale sans l’alimenter.

L’exercice reste pour autant périlleux, puisque la charge raciale est en partie du domaine de l’expérience vécue et du psychologique. Par endroits les explications peuvent sembler peiner aĢ€ retranscrire ce qu’est la charge raciale, d’ouĢ€ peut-eĢ‚tre une définition de celle-ci de plus en plus large au fil du livre de sorte qu’elle finisse par se confondre avec le racisme.  Le livre porte alors autant sur la notion de Ā« blackness Ā» que sur la charge raciale en soit, d’autant qu’il adresse presque exclusivement la charge raciale des personnes noires.

La charge raciale est qualifiée par l’autrice de Ā« dette de la condition noire Ā», de Ā« dette existentielle que le monde négrophobe fait payer Ā», ce qui est parlant, pertinent, et fait écho aĢ€ la notion de Ā« salaire de la blanchité Ā»  qui traduit l’ensemble d’avantages qu’ont les personnes blanches indépendamment de leur situation économique.

Les conséquences de la charge raciale comme les moyens de la minimiser sont évoqués et intéressants, et auraient peut-eĢ‚tre pu eĢ‚tre développés davantage puisqu’ils sont pour beaucoup les vrais enjeux derrieĢ€re cette question. La dimension intrafamiliale de la charge mentale est treĢ€s bien développée, bien que le sujet du métissage soit traité d’une manieĢ€re qui interroge: on y lit sans précisions particulieĢ€res qu’il porte un caracteĢ€re de domination et est Ā« une injonction aĢ€ s’intégrer afin d’attester sa rupture avec le communautarisme Ā».

La belle surprise reste le passage dédié au roĢ‚le de l’espace public dans la charge raciale, dont on parle encore trop peu.

#bookstagram by @decolonial.mq
70
a month ago
Download

Download All

Save the photos and videos currently loaded on this page.

0Photos
0Videos
Ready to download 0 / 0

Keep this tab open until your download is ready.

back to up