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Ce numéro a commencé assez simplement. Nous voulions capturer Orelsan au Japon, là où son imaginaire a pris racine, rendre un hommage visuel aux références mangas et jeux vidéos qui nourrissent ses textes et son univers. Nous avons contacté @jumbotsui , un photographe qu’on adore, qui connaît le Japon par cœur et a mille idées à la minute. Dans la semaine qui précède le shooting, la nuit - toutes les nuits - il nous envoie ses nouvelles idées sur WhatsApp. Elles impliquent un Godzilla géant formé de pneus dans un parc pour enfants en banlieue de Tokyo, un Orelsan déguisé en Gon le personnage de manga, les Beatles, un ramen shop squatté par le crew de Dragon Ball Z et le cinéma de Wong Kar-wai. 

De retour à Paris, une image me reste de ce shooting: Orelsan, en tyrannosaure rouge, errant anonyme dans les rues de Kawasaki, sa tête de monstre à trois yeux sous le bras. Il est 21h, il fait nuit et il pleut, et l’assistante styliste court derrière lui pour tenir la queue du costume et éviter qu’elle ne traîne par terre. On cherche le meilleur spot pour shooter la dernière photo.

En travaillant sur ce numéro, quelque chose me frappe. Finalement, sans le vouloir, nous avons rejoué ce qu’Orelsan fait depuis toujours dans son travail, et dans Yoroï en particulier. Transformer ses démons en spectacle ; en faire des films, des chansons, des vannes. Délirer avec ses monstres intérieurs, et s’en faire des potes. Cela fait quinze ans qu’Orelsan accompagne avec autodérision la catharsis de nos angoisses, et c’est sûrement pour cela que son public le suit sans faille depuis le début. 
Ce jour-là en tous cas, dans le parc à pneus, au pied du Godzilla géant, on était tous des enfants ; avec beaucoup, beaucoup de potes.

📸 @jumbotsui 
👔 @shun_watanabe
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