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Photographies de cimetières, pierres et traces 🪦
Gothique quotidien, objets anciens & humour noir
Albi • Occitanie, littérature, poésie, mode vintage
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Conan Doyle fut mon troisième grand-père et Sherlock et Watson mes premiers colocataires.

Avant eux, je lisotais. Puis un jour, ma mère m’emmena dans une magnifique librairie de seconde main tenue par un de ses amis : cuir, vieux bois, fauteuils club, lampes Tiffany… Il me tendit un ouvrage relié en cuir rouge : Sherlock Holmes, de Conan Doyle. Rien que le livre, je me suis dit : « Ah oui, non mais là, j’ai envie de le lire. »

Et en l’ouvrant, Londres m’a sauté au visage. La brume, les ruelles humides, les réverbères, les fiacres… Comme si Sherlock m’attendait déjà au détour d’une page, quelque part au 221B Baker Street.

Puis j’ai rencontré ce type complètement déjanté et ce pauvre Watson qui se demandait ce qu’il foutait là, pourquoi Sherlock ne dormait pas, où il partait, ce qu’il fabriquait… J’adorais. Mrs Hudson aussi. Et, dans un coin plus sombre, l’ombre de Moriarty.

Avec eux, j’en ai vécu des mystères, des suspenses, des rires. Ce fut mon premier coup de cœur, tant pour l’auteur, mystique et raisonnable, que pour ses personnages, héroïques et humains.

Bien plus tard, j’ai vu une vieille interview de Conan Doyle dans son jardin : ce grand-père élégant, ses moustaches, son chien à ses côtés, et cette impression qu’il en avait un peu ras le bol qu’on lui parle encore et toujours de Sherlock Holmes. Et moi, devant mon écran : « Mais moi, je vous aime aussi. Je vous aime tant, Papy Conan Doyle. »

Aujourd’hui, je lis son autobiographie et je rencontre l’enfant Arthur. Celui qui raconte qu’à l’école, « on ne savait pas le prendre » et que plus on était sévère avec lui, plus il se rebellait. Et là, forcément, je me reconnais. J’étais exactement pareille.

Alors je me demande si je ne suis pas devenue enseignante aussi pour ça : pour essayer de voir ceux qu’on ne sait pas toujours prendre. Pour éviter qu’ils s’en prennent plein la gueule avant qu’on comprenne simplement qui ils sont.

Peut-être pour sauver quelques petites Terry comme moi. Et quelques petits Arthur aussi. by @watsonterry81
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2 days ago
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La première fois que j’ai vu Tim Curry incarner Ça, comme beaucoup, sa manière de jouer ce clown, ce regard, cette voix, m’ont donné des cauchemars pendant des nuits entières. Je n’ai jamais aimé les clowns. Trop lisses. Qui est complètement joyeux ? Qui n’est que blague et farce ? Personne. Je pense que même un enfant s’en rend compte. Et ça lui paraît suspect. Heureusement, je trouvais qu’il avait une tête d’ampoule. Ça a sauvé quelques-unes de mes nuits.

Puis, au lycée, un ami passionné de cinéma me donne un titre : « Regarde The Rocky Horror Picture Show. » Et là, c’est la fascination. Il y avait beaucoup de moi dans ce film. Une fantaisie terrible, de l’humour noir, une gravité derrière tout ça. Frank, qui veut vivre ses rêves et entraîne les autres dans les siens ; ceux qui le suivent un temps, puis refusent finalement la liberté qu’il leur offre ; son désir de reprendre les rênes. Et puis cette fin. I’m going home. Frank en larmes. Mais Frank avait une maison. Je n’avais pas encore trouvé la mienne.

Alors, évidemment, j’ai cherché. Mais qui était-il ? Qui était cet acteur capable de jouer Frank sans jamais le ridiculiser, tout en acceptant d’être grotesque, extravagant, et puis, l’instant d’après, terriblement grave ? Et c’est là que j’ai découvert que c’était Tête-d’Ampoule. Celui qui avait terrifié une partie de mon enfance. Tête-d’Ampoule me terrifiait toujours, mais désormais, quand je me rappelais que Tim Curry était derrière le clown, il perdait un peu de son pouvoir sur mes nuits noires.

Et puis Frank-N-Furter a traversé les décennies suivantes. J’ai écouté ses chansons, revu le film, pensé souvent à lui dans les moments où je devais brimer mon extravagance, en classe ou en société. Parfois, il ne restait plus que la gravité, et j’avais besoin de lui pour la traverser. Je pense que, pour beaucoup, c’est aussi ce qu’il a incarné, avec cette phrase qui n’était pas de lui, mais qui, portée par sa voix, est presque devenue la sienne : « Don’t dream it, be it. » by @watsonterry81
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3 days ago
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Depuis que je pose mes limites, certains n’aiment pas voir bouger les lignes.
D’autres n’aiment pas que je repousse mes limites, que je m’amuse, que je vive plus fort et que je sois moi.

Alors je voudrais préciser quelque chose !

Quand cela vient de proches, même si l’intention n’est pas mauvaise au départ, c’est douloureux.
On a besoin d’être soutenu par les siens.

Un mauvais commentaire d’un inconnu n’est pas du tout la même chose.

Je suis sensible, mais je ne suis pas fragile et je n’ai plus besoin d’être protégée.

Si j’étais faible, vos commentaires qui jugent ma personne et non mon travail me cloueraient encore au sol. Mes ailes seraient coupées.

Je veux m’étendre. Ce que je croyais être ne me suffit plus.

Sachez que je ne resterai plus sagement dans ma boîte, à ma place, et cela avec ou sans votre approbation. Je préférerais avec, mais depuis l’enfance, je vis déjà sans celle d’une partie de la famille. Alors autant suivre mes envies, car je ne fais rien de mal ni de malsain.

Quand quelqu’un se poste en train de courir, se fait interviewer en public, ses paroles peuvent aussi être détournées. Pareil pour mon pote des compagnons qui fait des vidéos sur le motos et les bagnoles et d’autres amis qui kiffent leur Life. Ce n’est pas mon univers mais pourtant je vous suis. 

Moi, je vous encouragerai et je serai fière de votre expérience et de votre performance, car vous dépassez vos limites. Vous ne vous contentez pas du confort.

Comme Franck Lebœuf 😂👊, je me moque qu’on me parodie, car cela signifie qu’on m’a vue. Rire de soi, être parodié, ce n’est pas un drame. C’est ne pas vivre et mourir d’ennui qui en est un.

Je vous promets que je vais tout faire pour vivre plus fort, et ce même si je dois m’excuser de vivre trop fort à côté de vous. Certes, je ne suis plus de prime jeunesse, mais cela ne m’empêche pas de vouloir m’amuser, photographier, jouer, écrire, créer.

Si cela vous gêne, alors tant pis. Si vous me trouvez ridicule et trop… oui, je peux l’être, mais je serai moi, pas un moi dans un costume trop étroit. by @watsonterry81
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4 days ago
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Il est un lieu vivant au cœur d’Albi, dans un écrin de modernité.
Le vieux cimetière du XIXe siècle respire encore, plein de moineaux, de chats, de lézards, de croix, de pierres et d’herbe.
Un lieu où la vie pousse au milieu de ce qui demeure.

En bas, on se gare, on se klaxonne, on se parle, on s’engueule.
Mais en haut, on se tait.
On respecte.
On se faufile entre les pierres.
On demande presque la permission de marcher.

Le lieu, lui aussi, a failli s’effondrer.
Désormais étayé d’une ossature de fer, il tient encore. Il est préservé.
Et les corps qui y reposent ne partiront pas, ne descendront pas dans la ville.
Ils resteront avec les ifs, avec les graviers, avec les chants d’oiseaux.

Vertiges d’une vie fanée

Quand on part, que reste-t-il de nous ?
La pierre et l’os qui se délitent.
Quand même le souvenir des vivants n’est plus et qu’il ne reste que l’inscription taillée et mousseuse.
Quelques céramiques brisées envahies de succulentes.
Une croix rouillée, fendue, incomplète.
Une pierre lézardée, un Christ au cœur brisé, une flamme cyprès ?

Ce qui reste est grotesquement sublime mais enfin, il reste quand même quelque chose et cela même si c’est presque rien, même si c’est humiliant, même si personne ne se souvient plus de ton nom, est gravée l’empreinte de ton passage.
Sœur, époux, mère, fils… quelque chose demeure sous le lierre et le frêne.
Quelque chose de peu mais de beau.

Et moi aussi je suis fendue, délabrée, incomplète.
Mais vivante encore, au milieu des tombes.

Et soudain, tu es là dans mon ombre.
Soudain en pleine lumière, tu apparais.
Mes pas dans ceux qui jadis te pleurèrent un matin de mai, une après-midi d’automne, ou d’été, un lendemain d’hiver.
Soudain le temps passe mais plus lentement et il revient sur lui-même et se love en moi. by @watsonterry81
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3 days ago
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Montauban

Soleils miroitants
Où s’abreuvent des pigeons

Le rouge et le vert
Contrastent leur humeur

Nostalgie vaporeuse
Métal et palette

L’art plastique
Se dessine

Paillettes de celle qui juge avec ses cils

Le chevalier de la chiantise ,par Saint-Georges,
Qui sourit

L. le bourdon étale
Sa gentillesse

Allison, nonchalante

Hambeur apprécie l’art

I. est easy a suivre

Et vive le Québec libre

Ben et Nut ouvre la porte

Zig qui fait son zig

Le Français qui francise

Les sportives endimanchées

Cha-cha chemine

L’angelot en FaceTime

Saf, yeux violets dorés,
Danse et perd

Celle du chapeau parlant

Et Rose, oui Rose,
Celle qui pose

Rose,
Qui est mon amie

Et tous les autres que j’ai moins vus
Aujourd’hui
Et qui brillent à STM

Montauban by day… by @watsonterry81
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5 days ago
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 by @watsonterry81
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5 days ago
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— Toi ?
— Oui ?
— Tu n’es plus fixe, toi …
Tu as bougé trop loin de toi !
— J’ai juste dit, noooooon !
— Tu étais en colère, fatiguée, hystérique, fragile ?
— J’ai juste dit stop, je ne suis plus comme ça !
— Alors reviens-y, dépêche-toi ! Que je sache te lire, te vivre, t’abîmer sans te le dire …
— Ce n’est pas envisageable… pour MOI
— Oui mais MOI alors ? C’est comme ça, on ne joue plus ?
— C’est toi qui jouais, moi je ressentais.
— Veille c…..
— Oui et alors ?
— Alors danse !
— Oui mais sans toi ! by @watsonterry81
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6 days ago
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Dissimulée derrière moi
Qui ?
Moi ?
L’autre ?

Ah ! L’autre, c’est moi.

Celui d’hier
Était-il le vrai ?
Avec ses coups d’éclat
Dans le noir,
Ses frissons
Au milieu des autres ?

Ou celui d’aujourd’hui ?
Offert, apparemment.
Caché
Derrière l’objectif
Qui construit ?
Déconstruit ?

Franky recomposé,
Avec des bouts de moi,
Morts d’hier
Et en vie de demain.

Et aujourd’hui, on dit quoi ?
On dit ce qu’on veut ?
Ce que les autres…

L’autre, c’est toi ?
Qui t’es ?
Tu ne le sais pas plus que moi. by @watsonterry81
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7 days ago
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 by @watsonterry81
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8 days ago
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Vivre dans la temporalité des autres.
Des Happy Few qui décident pour tous.
Vivre avec une saison d’avance.
À contretemps.
Cours, sinon retard.
Qui célébrer, qui honnir ?
Qui commémorer, qui enterrer ?
Souriez, vous êtes filmés et enregistrés.
Achetez, mais ne vous en servez pas.
J’ai appelé pour me renseigner.
On m’a dit : dépêchez-vous,
il ne reste presque plus de places.
Le futur est bientôt complet.
Alors j’ai couru.
J’ai signé.
Rouge, bleu ou noir ?
Il y a une semaine,
j’aurais choisi le bleu.
Aujourd’hui,
le noir.
Noir de la rentrée.
Noir du temps qu’il faudra rattraper.
Je m’agacerai
de la ville tombée aux mains
des adolescents de la rentrée.
Mais j’en rirai.
Ils courent aussi
dans la temporalité des autres.
Aujourd’hui cartable.
Demain attaché-case.
Le premier cheveu blanc
ausculté dans le miroir.
La première petite ride
apparue avec le sourire.
Aujourd’hui, il rit du vieux.
Demain, le vieux, c’est vous.
Tempus fugit.
Tempus fugit.
Carpe diem.
Du peu que tu peux.
Et même si ton peu,
pour eux, est trop,
sois trop.
Eux le sont.
Le soir, arrose le jardin.
Mets les pieds dans la terre.
Monte le son, danse, chaloupe.
La fenêtre fermée, les rideaux tirés,
le téléphone éteint, la télé débranchée.
L’horloge et ses doigts fripés,
ses doigts de mort,
n’y pense pas.
Même si elle est là.
Demain,
ils courront encore
pour arriver à l’heure
quelque part.
Ils gagneront du temps,
ils en manqueront,
ils en feront perdre.
Et puis un jour,
ils n’en auront plus.
Tempus fugit.
Allez, souris.
On finira bien
par le perdre tout entier.
Alors, d’ici là,
perds-en un peu. by @watsonterry81
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9 days ago
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Pourquoi Watson Terry ?  Watson pour l’œil qui observe, note et transforme. 
Terry, pour Jack Terry dans Blow out… écoute ce que peu entendent mais ne parvient pas toujours à sauver de la nuit. 
Deux hommes en marge qui regardent, écoutent, 
Cherchent, recomposent ce que d’autres ne remarquent pas. 
Voilà d’où vient Watson Terry 🐦‍⬛🐈‍⬛🔥🧐 by @watsonterry81
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10 days ago
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#CemeteryPhotography #Taphophile #CemeteryArt #FuneraryArt #Albi 

Où sont-ils maintenant qu’ils ne sont plus là ?

Cette question m’est venue très tôt. J’avais deux ou trois ans lorsque mon grand-père est mort. Peu après, ma cousine mourait à treize ans.

J’avais compris qu’on pouvait être là, puis disparaître.
Mais où allait-on ?

Le ciel catholique ne me suffisait pas. Et je ne pouvais pas croire qu’ils restaient dans leurs tombes : cela me semblait beaucoup trop inconfortable.

Alors j’ai longtemps pensé que leur domaine était peut-être la nuit. Quand tout s’éteignait, l’invisible se peuplait. Je n’avais besoin ni de monstres ni d’histoires effrayantes : il y avait simplement ceux qui n’étaient plus là, mais dont je sentais encore la présence dans le chagrin des vivants. Cette présence-absence me fascinait autant qu’elle me terrifiait.

Je crois que mon amour des cimetières vient aussi de là.

Le cimetière donne une place aux absents : une pierre, un nom, deux dates, quelques mots. Celui de l’hôpital d’Albi, avec ses tombes de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, me fascine particulièrement. Certains morts y sont bavards. D’autres imposent le silence.

Pendant un an, je veux les photographier, les regarder traverser les saisons et écrire.

Peut-être pour exorciser, métaphoriquement, cette vieille question.

Où sont-ils maintenant qu’ils ne sont plus là ?

Je ne le sais toujours pas.

Mais je n’ai plus aussi peur de la question. by @watsonterry81
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11 days ago
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